Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage La crise du Covid-19 a montré que les inégalités dans l’accès à l’éducation et dans la réussite existent bel et bien, et qu’elles ne sont pas à minorer. Ces inégalités sont exacerbées par la situation actuelle, mais il ne faut pas oublier qu’elles touchaient déjà des millions d’enfants et de jeunes dans le système scolaire obligatoire avant cette crise.  Depuis le 13 mars, les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur ont fermé leurs portes afin de lutter contre la propagation du virus. Dès lors, les équipes enseignantes se sont mobilisées, avec leurs moyens restreints, pour maintenir la « continuité pédagogique » et donc maintenir le contact et l’enseignement à distance. Mais l’ensemble des élèves ou étudiants ne sont pas égaux face à cette situation exceptionnelle : équipements informatiques insuffisants, pas ou peu de connexion internet, logements insalubres surpeuplés ou mal adaptés au travail, proches qui ne peuvent pas accompagner les élèves pour  les devoirs à réaliser… Cette situation va renforcer le décrochage et augmenter le taux d’échec si rien n’est fait.

Si la période de vacances estivales doit rester une période de repos et de loisirs pour les élèves et les enseignants, elle doit aussi être mise à profit pour accompagner les plus fragiles.

Quelle mise en œuvre ?

La période de vacances estivales qui est une période de repos et de loisirs pour les élèves et les enseignants, doit être mise à profit pour permettre aux  plus fragiles d’accéder, avec les autres, dans les mêmes structures, à des activités estivales ludiques et pédagogiques.

Les associations d’éducation populaire doivent être au cœur de cette action. Ces associations travaillent et ont construit depuis plusieurs années des séjours aux pédagogies innovantes tournées vers l’attention aux plus vulnérables. Elles sont fondées sur la pédagogie active et la coopération. Les colonies éducatives proposées par le ministre de l’Education nationale ne doivent pas venir détourner ces principes. Elles doivent cependant, dans ce contexte si particulier, aller au devant des plus fragiles, les élèves en décrochage, en difficultés afin de leur redonner envie d’apprendre, afin de redonner le goût à l’éducation.

Évidemment, toutes ces activités devront s’adapter et faire avec le contexte pour respecter l’ensemble des préconisations et des règles sanitaires. De plus, le secteur de l’éducation populaire devra être soutenu financièrement pour faire face à la crise et rendre possible ce travail dans les prochaines semaines.

La rentrée doit être envisagée avec un temps long de réflexion de l’équipe enseignante pour penser les bouleversements des relations entre élèves, familles et professeurs durant le confinement. Les associations d’éducation populaire pourront accompagner les équipes dans cette réflexion. Il ne suffira pas d’équiper toutes les familles de matériel informatique et de connexion mais bien de réfléchir, au-delà des problématiques sociales, aux solutions pédagogiques pour répondre aux empêchements d’apprendre des enfants des familles en situation de grande pauvreté.

Enfin, pour les étudiants notamment, des mécanismes d’identification des personnes en décrochage devront être mis en place durant l’été ainsi que des accompagnements renforcés dès la rentrée en septembre afin de pallier les manques des dernières semaines.

 

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire 1

[Au 5 juin 2020]
Lors de la présentation du plan de déconfinement, le Premier Ministre a annoncé que les colonies de vacances pourront reprendre dès le 22 juin, et depuis le 12 mai, les centres de loisirs rouvrent progressivement tout en respectant un cadre sanitaire en fonction des protocoles établis par les ministères.

Dans les universités, des enquêtes sont parfois réalisées pour identifier les étudiants en difficultés, mais rien n’est généralisé.

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire 2

[Au 5 juin 2020]
Il est essentiel de venir soutenir massivement le milieu associatif qui sera au centre de l’accompagnement des jeunes et des enfants pendant l’été.

Nous l’avons dit, le milieu de l’éducation populaire, fort de son expérience dans les pédagogies et dans l’innovation sociale, va devoir cet été être au plus proches des jeunes qui en ont besoin, en lien avec le monde de l’éducation.

Pour cela, des moyens importants doivent être déployés pour soutenir les associations afin de leur permettre de maintenir voire de développer leurs activités afin d’accompagner l’ensemble de ces jeunes. Au-delà de cet été, l’accompagnement doit être une véritable priorité à la rentrée pour l’ensemble des jeunes, élèves ou étudiants. Une réflexion doit être lancée sur la pédagogie et les moyens qui lui sont alloués dans le monde de l’éducation, mais également sur la complémentarité des acteurs sur ce sujet.

 

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Les 15 mesures

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté

2/ Créer un fonds national pour aider les locataires fragilisés par la crise à payer leurs loyers et leurs charges

3/ Mettre en œuvre le droit au logement pour qu’aucune personne sans domicile mise à l’abri pendant la période de confinement ne soit remise à la rue sans solution

4/ Revaloriser le montant du RSA et l’élargir aux jeunes de 18 à 25 ans

5/ Rendre obligatoire les protocoles d’accord de reprise du travail post-confinement dans les entreprises et administrations

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins

8/ Mettre en place des conditions d’accueil et d’intégration dignes pour les migrants et réfugiés

9/ Imposer une conditionnalité écologique et sociale à l’octroi d’aides publiques aux grandes entreprises

10/ Verser une prime pour les salarié.e.s des secteurs social, médico-social et sanitaire en première ligne et la mise en place dès à présent d’une Conférence nationale de l’investissement social

11/ Mettre en place un plan d’urgence pour développer l’utilisation du vélo lors du déconfinement et à plus long terme

12/ Mettre en place un fonds de soutien d’urgence dédié aux associations

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire

14 / Ne pas faire entrer dans le droit commun les décisions prises pendant l’état d’urgence sanitaire et revenir sur les décisions prises qui ont abaissé les règles environnementales

15/ Tenir une Conférence de la transformation écologique et sociale

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