renoncer à la réforme de l'assurance-chômage La réforme de l’assurance-chômage, dont l’entrée en vigueur a été repoussée au 1er septembre, a pour objectif premier de faire des économies, coûte que coûte, par la baisse des droits des demandeurs d’emploi et la limitation du nombre de chômeurs indemnisés. Avant la crise sanitaire, les prévisions établissaient que près de 1,3 million de personnes seraient touchées par cette réforme. Ces changements de règles impactent particulièrement les jeunes et ceux qui ont le plus de difficultés à retrouver un emploi stable.

La crise économique a déjà, et continuera à avoir pendant plusieurs mois, de lourdes conséquences qui entraînent une baisse des embauches, un non-renouvellement des contrats courts et des fermetures d’entreprises qui auront pour corollaire des pertes d’emploi. La logique du Gouvernement de baisser les droits pour inciter à la reprise d’emploi, inacceptable déjà avant la crise, devient indécente à l’issue de celle-ci.

Le Gouvernement ne peut pas durcir les règles d’indemnisation, ce serait condamner le devenir professionnel et donc personnel de ceux qui ont perdu leur emploi.

C’est pourquoi le gouvernement doit définitivement renoncer à mettre en œuvre la réforme de l’Assurance-chômage , y compris les dispositions appliquées depuis le 1er novembre 2019 concernant les conditions d’accès à l’assurance chômage et le rechargement des droits.

 

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage 1

[Au 5 juin 2020]
Les mesures économiques de soutien aux entreprises et les dispositifs renouvelés d’activité partielle vont limiter le nombre de salariés qui perdront leur emploi et permettront à certains d’en retrouver un nouveau. Mais il est à prévoir un grand nombre de ruptures d’emplois stables dans les mois à venir, notamment liées à des fermetures définitives de TPE-PME ou même de grandes entreprises, même s’il est encore difficile d’en mesure l’ampleur.

Sur les seuls mois de mars et avril, nous sommes entrés dans une crise sociale inédite avec plus d’un million de demandeurs d’emploi supplémentaires ces deux derniers mois. Au-delà des chiffres, ce sont autant de situations d’urgence vécues par des femmes et des hommes qui vont avoir besoin de la solidarité nationale. Aujourd’hui, la plupart des nouveaux demandeurs d’emploi sont des personnes qui étaient déjà en situation précaire (CDD et interim non renouvelés).
Pour autant, le gouvernement n’a toujours pas renoncé à l’application des nouvelles règles de l’assurance-chômage reportées au 1er septembre.

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage 2

[Au 5 juin 2020]
Les 58 organisations du Pacte du pouvoir de vivre – dont beaucoup accompagnent au quotidien les publics en situation précaire ou d’exclusion – alertent plus que jamais sur l’accentuation de la crise sociale que l’application de cette réforme va engendrer à partir du 1er septembre.

Le gouvernement doit donc immédiatement annoncer qu’elle renonce définitivement à cette réforme, et à l’inverse de cette dernière, renforcer les droits et l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

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Les 15 mesures

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté

2/ Créer un fonds national pour aider les locataires fragilisés par la crise à payer leurs loyers et leurs charges

3/ Mettre en œuvre le droit au logement pour qu’aucune personne sans domicile mise à l’abri pendant la période de confinement ne soit remise à la rue sans solution

4/ Revaloriser le montant du RSA et l’élargir aux jeunes de 18 à 25 ans

5/ Rendre obligatoire les protocoles d’accord de reprise du travail post-confinement dans les entreprises et administrations

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins

8/ Mettre en place des conditions d’accueil et d’intégration dignes pour les migrants et réfugiés

9/ Imposer une conditionnalité écologique et sociale à l’octroi d’aides publiques aux grandes entreprises

10/ Verser une prime pour les salarié.e.s des secteurs social, médico-social et sanitaire en première ligne et la mise en place dès à présent d’une Conférence nationale de l’investissement social

11/ Mettre en place un plan d’urgence pour développer l’utilisation du vélo lors du déconfinement et à plus long terme

12/ Mettre en place un fonds de soutien d’urgence dédié aux associations

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire

14 / Ne pas faire entrer dans le droit commun les décisions prises pendant l’état d’urgence sanitaire et revenir sur les décisions prises qui ont abaissé les règles environnementales

15/ Tenir une Conférence de la transformation écologique et sociale

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