prolonger les dispositifs d'exception pour l'accès aux soins La période de confinement a été marquée par une diminution importante du recours aux soins pour des motifs autres que ceux liés à l’épidémie de coronavirus. Le nombre de consultations est en baisse de 40% chez les médecins généralistes et de 50% chez les médecins spécialistes. D’autres secteurs sont quasiment à l’arrêt comme pour les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes et les podologues. Il faut également ajouter à cette réduction du recours aux soins de ville, les inquiétudes autour de la diminution du nombre d’AVC et d’infarctus pris en charge durant cette période.

Ainsi, si le confinement était une mesure nécessaire pour endiguer l’épidémie, celui-ci entrainera également en matière de santé des conséquences négatives sur le court et long terme qu’il convient d’anticiper.

 

Une prolongation des efforts réalisés pour faire face au Covid-19 est nécessaire afin tout d’abord de prévoir un recours massif aux soins pour les personnes ayant reporté des soins d’urgence durant la période de confinement. Pour ce faire, les dispositifs d’exception mis en place pendant la crise pour faciliter l’accès aux soins (prolongation automatique des droits…) et organiser la reprise des soins (programmation des soins à prioriser, aide aux transports, encourager les soins à domicile …) doivent être prolongés. La bonne prise en charge des soins chroniques ou nécessaires des personnes positives au COVID-19 doit également être organisée en ambulatoire.

Quelle mise en oeuvre ?

Cette première vague devrait s’accompagner quasi-immédiatement de consultations massives, à domicile comme en cabinet,  pour les personnes ayant interrompu le soin de maladies chroniques ou lié à un handicap. Enfin, notre pays devra s’apprêter à affronter une sévère dégradation de la santé mentale de nos concitoyens pour laquelle un enjeu de déstigmatisation est fondamental.

Les professionnels, les établissements et les services de santé qui seront une nouvelle fois en première ligne face à cette vague devront exercer dans un contexte persistant de crise sanitaire. La soutenabilité de ces vagues reposera en grande partie sur la capacité des pouvoirs publics à les soutenir tant sur les aspects financiers, de ressources humaines que matériels en accord avec les nouvelles pratiques, mais aussi dans le cadre d’un dialogue social en amont de la reprise pour le faire dans des conditions d’exercice respectueuses des professionnels.

 

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins 1

[Au 5 juin 2020]
– La prolongation des droits sociaux a bien été réalisée par les pouvoirs publics au-delà de la période du confinement et devrait permettre de mieux appréhender la période post-confinement qui avait été marquée par un fort non-recours aux soins ;

 – La prorogation jusqu’au 31 juillet 2020 des contrats ACS (Aide financière pour la complémentaire santé) en cours au 12 mars et expirant avant le 31 juillet, sauf opposition de l’assuré. Cette prorogation se fait sans modification du montant des cotisations. Les contrats restent éligibles au bénéfice de l’ACS jusqu’à la fin de la prorogation. 

– La prolongation, pour 3 mois, du droit à la CSS gratuite ou contributive et à la CMUC pour les personnes dont le droit arrive à échéance entre le 12 mars 2020 et le 31 juillet 2020. De manière dérogatoire, ce droit peut donc excéder un an. 

– La prolongation des droits à l’aide médicale de l’Etat (AME) arrivant à expiration entre le 12 mars et le 31 juillet, pour une durée de trois mois à compter de leur date d’échéance (IV). Jusqu’au 31 juillet, les primo-demandes peuvent être déposées selon les mêmes modalités que les renouvellements, c’est-à-dire y compris par courrier . 

– Lancement du Ségur de la Santé avec cinq axes afin de repenser notre système de santé.  Présentation de deux projets de loi relatifs à la dette sociale.  

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins 2

[Au 5 juin 2020]
Le Ségur de la Santé est un moyen et non une fin : c’est pourquoi le Pacte du pouvoir de vivre va œuvrer pour de réelles avancées dans le cadre des 5 axes à l’ordre du jour.

Nous soulignons dans notre rédaction de la mesure : « Enfin, notre pays devra s’apprêter à affronter une sévère dégradation de la santé mentale de nos concitoyens pour laquelle un enjeu de déstigmatisation est fondamental » : les pouvoirs publics doivent se pencher sur cette problématique.

Enfin, nous restons mobilisés sur l’ambition du projet de loi sur le grand âge afin que celui-ci ne soit pas une nouvelle occasion ratée de faire face à cette problématique eu égard à la question du financement.

 

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Les 15 mesures

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté

2/ Créer un fonds national pour aider les locataires fragilisés par la crise à payer leurs loyers et leurs charges

3/ Mettre en œuvre le droit au logement pour qu’aucune personne sans domicile mise à l’abri pendant la période de confinement ne soit remise à la rue sans solution

4/ Revaloriser le montant du RSA et l’élargir aux jeunes de 18 à 25 ans

5/ Rendre obligatoire les protocoles d’accord de reprise du travail post-confinement dans les entreprises et administrations

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins

8/ Mettre en place des conditions d’accueil et d’intégration dignes pour les migrants et réfugiés

9/ Imposer une conditionnalité écologique et sociale à l’octroi d’aides publiques aux grandes entreprises

10/ Verser une prime pour les salarié.e.s des secteurs social, médico-social et sanitaire en première ligne et la mise en place dès à présent d’une Conférence nationale de l’investissement social

11/ Mettre en place un plan d’urgence pour développer l’utilisation du vélo lors du déconfinement et à plus long terme

12/ Mettre en place un fonds de soutien d’urgence dédié aux associations

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire

14 / Ne pas faire entrer dans le droit commun les décisions prises pendant l’état d’urgence sanitaire et revenir sur les décisions prises qui ont abaissé les règles environnementales

15/ Tenir une Conférence de la transformation écologique et sociale

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