« Je suis pauvre, mais avant d’être pauvre, je suis citoyenne ».

Sous-représentées dans le champ politique comme dans le champ médiatique, les personnes les plus défavorisées voient leur pouvoir d’expression limité et empêché. Au-delà de l’aspect économique, c’est aussi une crise de représentation que le mouvement des gilets jaunes a mise en lumière. Une partie de la population ne se sent plus ni représentée, ni écoutée, ni même invitée à donner sa voix au chapitre. On ne saurait pourtant prétendre transformer la société et reconstruire le pacte républicain en laissant de côté un pan entier de la population.

Au contraire, les personnes les plus défavorisées possèdent une expérience, des compétences et des savoirs dont nous avons besoin : révélatrices des insuffisances de notre société, elles doivent devenir notre boussole pour construire une société plus juste et solidaire. Afin d’accroître leur pouvoir d’expression, le premier impératif est d’aller à la rencontre et de soutenir les personnes les plus éloignées des réseaux habituels de communication et d’échanges. Les droits culturels, à travers l’éducation populaire, les centres sociaux ou les associations, doivent en outre permettre de renforcer leur capacité d’expression et de participation : leur pouvoir d’agir.

Il est également nécessaire de créer des espaces dont les conditions permettent l’expression et la participation de tous. Cela nécessite du temps, des moyens, un renouvellement des pratiques et un changement de regard pour dépasser les préjugés.