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Clara Sannicolo : “Municipales : s’engager pour la transition écologique représente davantage une opportunité qu’un risque”

Il y a quelques jours, le Réseau Action Climat et le Secours Catholique publiaient une enquête avec Ifop en amont des élections municipales de mars 2026. Le constat est sans appel quant aux attentes des électeurs et électrices à quelques semaines des élections : les candidat·es doivent poursuivre la transition écologique au plus près des Français·es, dans leurs communes. Clara Sannicolo, responsable Climat et Territoires au Réseau Action Climat, revient sur les grans enseignements de ce sondage.

Vous venez de publier, en partenariat avec le Secours Catholique, un sondage montrant que les Français·es rejettent largement les retours en arrière actuels sur les politiques de transition écologique. Quelles leçons en tirer pour les échéances électorales à venir ?

Effectivement, le sondage nous montre que pour un candidat aux élections municipales, s’engager pour la transition écologique représente davantage une opportunité qu’un risque politique. Près de 2 Français·es sur 3 seraient gêné·es de voter pour un candidat qui voudrait revenir en arrière sur les politiques de transition écologique déjà engagées : les candidats ont donc tout intérêt à porter des politiques environnementales ambitieuses, et ce quel que soit leur bord politique ! Par ailleurs, ce résultat montre que les Français·es mesurent déjà les bénéfices de la transition pour leur vie quotidienne. Les mesures de transition écologique testées restent largement plébiscitées, et on ne constate aucun recul dans le soutien qui leur est accordé, peu importe les proximités partisanes des répondants.

Le sondage permet aussi de constater que loin d’être un enjeu pour des publics privilégiés, la transition écologique est largement soutenue par les habitants des quartiers populaires. On voit même émerger une forme de solidarité environnementale : 68% des Français estiment que les politiques de transition doivent donner la priorité aux personnes les plus démunies, qui sont aussi celles les plus vulnérables aux impacts du changement climatique, aux pollutions, et qui ont besoin d’un accompagnement pour s’en protéger.

Le sondage montre aussi que les citoyen.nes attendent des mesures concrètes, une écologie qui améliore le quotidien. Peux-tu nous donner quelques exemples ?

Les Français sont sensibles à deux dimensions : les politiques qui les protègent face au changement climatique, et celles qui limitent les impacts sur le climat et l’environnement. Dans les deux cas, ces mesures rendent des services concrets à la population ! Soit en les protégeant, en sanctuarisant les espaces verts et naturels de la commune, en adaptant les bâtiments communaux aux risques climatiques, ou encore en limitant la consommation d’eau des industries en période de sécheresse. Soit en améliorant leur qualité de vie dans la commune, par exemple en garantissant la qualité de l’eau, en réduisant l’usage des pesticides, ou en proposant des repas sains et locaux dans les cantines scolaires, à tarifs sociaux.

Le sondage montre aussi que les habitants perçoivent un certain nombre de politiques environnementales d’abord par leurs bénéfices sur la santé, la qualité de vie ou encore le pouvoir d’achat. La transition écologique est un socle d’action qui permet d’améliorer tous ces aspects de la vie quotidienne.

Plus globalement, et dans le contexte actuel, quel est le rôle des collectivités locales pour accélérer une transition écologique à la fois ambitieuse et socialement juste ?

Les collectivités ont la main sur de très nombreuses politiques de transition, qui sont aussi les plus visibles et les plus concrètes pour notre quotidien puisqu’elles touchent à l’aménagement du territoire et aux services à la population. 

Leur rôle est de protéger les publics les plus vulnérables, d’adapter leur territoire, et de limiter l’impact collectif sur l’environnement et le climat par des politiques émancipatrices et inclusives. Cela passe par une meilleure inclusion des habitants dans les décisions municipales relatives à l’environnement, des politiques de mobilités qui facilitent les options de déplacement autres que la voiture, ou encore des politiques alimentaires qui donnent aux agriculteurs des débouchés locaux et aux consommateur·trices l’accès à des produits durables et sains à prix abordable.

Le rôle des conseils municipaux, qui seront fraîchement élus en mars, sera donc de porter une attention particulière à ces politiques, en prenant en considération les vulnérabilités des habitants à l’heure où 60% de Français déclarent ne pas bénéficier des politiques locales. En identifiant clairement les bénéficiaires des politiques environnementales, les maires peuvent rendre leurs effets concrets, et recréer le lien entre transition écologique, qualité de vie dans la commune, et confiance dans l’action politique de proximité.

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