Les discriminations s’immiscent dans tous les aspects de la vie quotidienne (éducation, emploi, logement, santé…) et sont cumulatives. Elles forment un frein à l’inclusion sociale et économique. Malgré de nombreuses politiques en direction des victimes de discrimination, le constat est mitigé et les inégalités de traitement persistent.

Cette situation inacceptable pour les victimes suffit à justifier une politique nationale de lutte contre les discriminations visant à rendre plus opérationnel l’application de la loi. Mais par ailleurs, au coût social pour les victimes s’ajoute le coût économique en termes de compétitivité et de développement du pays. Selon un rapport France Stratégie de 2016, le coût des inégalités d’accès à l’emploi et aux postes qualifiés s’élèverait à 150 milliards d’euros. De plus, les politiques déjà menées n’ont pas produit de véritable changement structurel sur l’état actuel des choses.

C’est pourquoi, la solution ne se trouve pas dans une mesure unique mais doit aborder tous les aspects discriminatoires. Une politique nationale de lutte contre les discriminations s’inscrit dans la volonté de favoriser l’intégration professionnelle des personnes notamment issues de quartiers défavorisés, de nationalités non-européennes en accompagnant à la fois les entreprises dans leur recrutement et les personnes touchées par ces discriminations. Cela passe également par les politiques de la ville et d’éducation prioritaire qui visent à lutter contre la ségrégation spatiale et favoriser une mixité sociale, mais aussi une incitation faites aux entreprises et aux administrations de s’emparer des instances de dialogue social pour prévenir les discriminations au travail.

Une politique nationale de lutte contre les discriminations doit également viser le dialogue entre les acteurs, où il s’agit de réinstaurer un climat de confiance entre ces citoyens et les pouvoirs publics, notamment les forces de police, et de valoriser leur contribution à la société.