Compte tenu des enjeux et de la nécessité d’agir vite, les moyens dédiés à la transition sont aujourd’hui insuffisants. Les investissements verts publics et privés en France sont en augmentation, mais cette hausse est encore trop faible pour correspondre aux besoins, qui sont évalués entre 55 et 85 milliards d’euros. Le Grand Plan d’investissement 2018-2022, avec 20 milliards d’euros pour la transition écologique est sous-dimensionné par rapport aux besoins réels.

La nouvelle Stratégie nationale Bas-Carbone, telle que prévue à ce jour devrait conduire à une augmentation des investissements pour partie conditionnés à la Contribution climat-énergie, en sachant que la fiscalité écologique française ne représentait en 2017 que 4,9 % des prélèvements obligatoires alors que les Pays-Bas ont assuré des financements écologiques à hauteur de 8,7 %, 7,2 % au Royaume-Uni et 8,2 % en Italie (Source : Eurostat1).

Pour dégager les capacités d’investissement nécessaires, deux axes peuvent être poursuivis parallèlement :

– celui de la mobilisation de l’épargne privée, avec adaptation du cadre réglementaire de l’épargne en France, réorientation de l’épargne vers des investissements socialement responsables (ISR) de long terme, via notamment la promotion des produits labellisés ISR ou du soutien au financement de projets territoriaux et de PME ;

– celui du fléchage de la politique monétaire de la BCE vers des projets de transition et à des politiques transnationales, européennes, nationales et régionales structurantes pour le siècle à venir (mobilité, énergie, bâtiment, industrie, agriculture, etc.).

Par ailleurs, il est nécessaire et possible que les investissements des transitions ne soient pas comptabilisés dans le calcul de la dette et du déficit publics : ils correspondent à des infrastructures d’avenir, à des coûts évités pour demain et à des gains pour les générations futures: leur prise en compte ne doit pas suivre les règles budgétaires aujourd’hui en vigueur dans l’UE.