Les conseils d’administration ou de surveillance sont encore trop souvent le lieu où dominent les intérêts financiers de court terme du fait de la place prépondérante accordée aux actionnaires. Or le conseil d’administration ou de surveillance de l’entreprise est le lieu où se décident la stratégie et le partage de la valeur ajoutée de l’entreprise : il est déterminant que la proportion de salariés dans les conseils soit augmentée.

Parmi les pays d’Europe ayant une représentation des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance, la France est le pays avec le plus faible nombre d’administrateurs salariés. Le retard par rapport aux autres pays d’Europe doit être rattrapé. Si les conseils d’administration ou de surveillance se sont ouverts dans le privé depuis 2013 (loi de sécurisation de l’emploi de 2013, loi dialogue social et emploi de 2015 et récemment la loi PACTE de 2019), la participation des administrateurs salariés reste encore trop limitée pour avoir un véritable impact. Pour rééquilibrer travail et capital au sein des conseils d’administration ou de surveillance, les salariés doivent représenter la moitié des membres des conseils d’administration ou de surveillance.

Si le capital est nécessaire et le rôle des actionnaires important pour la bonne marche de l’économie, la stratégie de l’entreprise ne peut faire abstraction du fait que la création de valeur est l’œuvre d’un collectif de travail s’inscrivant dans un environnement et un territoire.