CONTEXTE

Notre système productif doit évoluer pour mieux prendre en compte les enjeux environnementaux, sociaux et de santé publique. Cela concerne la production agricole mais aussi l’énergie.

Ces dernières années, les agriculteurs et agricultrices ont été confrontés à des risques plus élevés sur leurs revenus, en raison d’une volatilité́ accrue des prix sur les marchés et du dérèglement climatique. En 30 ans, la France a perdu la moitié́ de ses agriculteurs et des exploitations agricoles. Ce déclin va s’accroitre du fait d’un départ massif d’actifs à la retraite. Un quart des exploitations pourraient ainsi disparaitre en 5 ans seulement.

Si notre système agricole est la première victime du dérèglement climatique comme nous l’avons vu récemment avec l’épisode de gel, il est également le premier responsable de l’effondrement sans précédent de la biodiversité. Il nous faut donc opérer en très peu de temps une transformation du système agricole et alimentaire, et mener une transition agroécologique et sociale de grande envergure. Cette transformation est d’autant plus nécessaire qu’elle est la condition pour mettre en œuvre le pouvoir de se nourrir sainement ( cf Mesure 6).

Par-delà l’agriculture, la production durable invite à produire l’énergie différemment. Le mix énergétique français reste très dépendant des énergies fossiles, qui additionnées représentent près de la moitié, soit 47,3% de la consommation d’énergie primaire de la France. Le développement des énergies renouvelables pour atteindre l’objectif de production fixé est indispensable pour réussir une transition énergétique propre en baissant à la fois les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie et la production de déchets radioactifs. Avec une gouvernance démocratique sur le long terme, les projets d’énergie citoyenne ancrés dans les territoires s’accompagnent de nombreux co-bénéfices : écologique, social (en proposant notamment un prix juste) et économique. L’industrie des énergies renouvelables emploie déjà 90 000 personnes en France, et les leviers sont importants : la transition énergétique permettrait de dynamiser les territoires avec une création nette de 630 000 emplois locaux d’ici 2030.

 

AGIR POUR LE POUVOIR DE PRODUIRE DURABLEMENT, C’EST :

→ Développer les projets d’énergie citoyenne ancrés dans les territoires qui incluent les acteurs locaux et poursuivent plusieurs engagements : produire une énergie écologique, économique, sociale (en proposant notamment un prix juste) et une gouvernance démocratique sur le long terme.

→ Fixer un objectif ambitieux de 15% de renouvelable citoyen en 2030 pour soutenir la production d’énergie renouvelable aux mains des acteurs locaux, via par exemple le soutien financier aux réseaux régionaux de l’énergie citoyenne et à la mobilisation des acteurs locaux.

Aider et soutenir en priorité les pratiques et les expérimentations agricoles durables et résilientes (agroécologie), et en particulier l’agriculture biologique, l’agroforesterie, ainsi que les alternatives à la fertilisation de synthèse.

→ Soutenir les certifications sociales complémentaires aux certifications écologiques afin de garantir des conditions d’emploi et de travail équitables aux travailleurs de l’alimentation.

→ Structurer les filières alimentaires durables locales nécessaires à l’approvisionnement des restaurants collectifs (notamment par la mise en place d’infrastructures collectives comme des plateformes logistiques de distribution, des ateliers de découpe et/ou conserverie, des légumeries, etc.)

→ Repenser l’élevage en accompagnant la mutation de la filière notamment par un soutien aux élevages les plus extensifs et autonomes, aux investissements dans les abattoirs mobiles ou à la ferme etc.

→ Lancer un programme ambitieux pour la structuration d’une filière de légumineuses durables et locales en soutenant la structuration et le développement économique de la filière des légumineuses à destination à la fois de l’alimentation des animaux et des humains.

→ Accompagner les nouveaux agriculteurs dans leur installation et faciliter la transmission. Cela comprend la mobilisation des SAFER pour faciliter l’accès au foncier, le financement du temps d’animation des collectifs, le soutien au montage de nouveaux groupes et l’aide à la formulation de leurs projets, ou encore le fléchage des aides du 2ème pilier de la PAC à savoir l’aide à l’installation et la mesure « coopération » pour les démarches collectives

→ Favoriser la mise en place d’au moins un Projet alimentaire territorial écologique et solidaire (PATES) par intercommunalité qui permettrait une cohérence du système alimentaire et agricole territorial et une coopération extraterritoriale.