EN CHIFFRES

7 millions de personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 2020 en France, chiffre qui avait déjà doublé entre2009 et 2017.

8 millions sont en situation d’insécurité alimentaire pour raisons financières.

Près de 3/4 des Français consomment bio au moins une fois par mois dont 13% tous les jours.

Le taux d’obésité est passé de 5 % en 1980 à 17 % en 2015 (Esteban, 2017)

En matière d’environnement, l’alimentation pèse pour 30% des émissions de gaz à effet serre et 24% de l’empreinte carbone des ménages français sont liés à l’alimentation.

 

CONTEXTE

Les questions de santé alimentaire sont étroitement liées aux inégalités sociales. De nombreux travaux montrent la corrélation entre les niveaux de revenu et la qualité nutritionnelle de l’alimentation. Quotidiennement, les ménages ouvriers mangent moins de fruits et légumes que les cadres, mais davantage de produits carnés (viande et charcuterie, souvent transformés et à faible valeur nutritive) que ces derniers. Plus les budgets de nos concitoyens sont serrés, plus leurs choix sont contraints et pèsent fortement sur la qualité de leur alimentation. On trouve une plus forte prévalence de maladies chroniques (hypertension artérielle, diabète etc.), de surpoids et d’obésité parmi les populations défavorisées des pays industrialisés (Drees, 2015).

In fine, ce sont donc les personnes en situation précaire qui connaissent le plus de problèmes de santé en raison notamment d’une mauvaise alimentation.

Dans ce contexte, le rôle des régions est primordial, en particulier par leurs compétences sur la restauration collective des lycées. Elles permettent d’agir sur différents leviers d’accessibilité à une alimentation de qualité : en jouant sur les revenus des ménages et sur la structuration de filières de qualité, en offrant un cadre pédagogique autour de l’alimentation, source de cohésion sociale et de convivialité.

Par-delà les freins financiers, les régions doivent promouvoir une restauration collective exemplaire en matière d’alimentation durable, locale et accessible à toutes et tous. Elles ont également le pouvoir d’agir dans les établissements de sa compétence (notamment les lycées) qui ont une fonction sociale et environnementale forte.

 

AGIR POUR LE POUVOIR DE SE NOURRIR SAINEMENT, C’EST :

Proposer une alimentation durable dans sa restauration collective (notamment les lycées), soit au moins 50% de produits biologiques et locaux d’ici 2025, et une option végétarienne quotidienne ou a minima 2 repas végétariens par semaine.

Mettre systématiquement en place et rendre automatique une tarification sociale pour la cantine des lycées.

Sensibiliser et former l’ensemble des acteurs de la restauration collective aux enjeux de l’alimentation durable : élèves et parents, enseignants, cuisiniers, animateurs, acheteurs, nutritionnistes.

Mettre à disposition des boîtes à outils dédiés à la commande publique (approvisionnement en bio et local) et à l’introduction de menus végétariens.

Créer une cartographie de fournisseurs de produits bio et locaux, voire une plateforme pour faciliter les commandes de la restauration collective ;

→ Soutenir la structuration des filières agricoles et agroalimentaires sur le territoire (voir mesure 7 « Le pouvoir de produire durablement » ).