Mesure n°6 : Garantir aux personnes migrantes et réfugiées l’accueil et l’hospitalité et offrir des réponses aux situations d’urgence (hébergement, santé, éducation)

N’est-ce pas de la seule compétence de l’Etat de mettre en oeuvre la politique d’immigration et d’asile en France ? 
C’est vrai qu’en France,  la mise en œuvre de la politique d’immigration et d’asile est une prérogative étatique. Mais c’est peu de dire que la situation n’est pas satisfaisante tant la politique d’immigration semble être une politique de dissuasion des personnes migrantes. Le manque de moyens, d’anticipation, de volonté politique mais aussi la logique sécuritaire et la remise en cause de la solidarité entraînent des conséquences désastreuses. En matière d’hébergement par exemple, l’Etat fait le choix politique de ne pas assurer comme elle le devrait sa mission régalienne d’accueil des demandeurs d’asile et de mise à l’abri des personnes à la rue, quitte à les mettre en danger.

En quoi une commune peut-elle agir sur la question des personnes migrantes et réfugiées ?
Dans les faits, les municipalités se retrouvent en première ligne concernant l’accueil des personnes migrantes qui vivent sur leur territoire. D’une part, parce qu’elles portent des politiques publiques en matière d’accès aux droits, à l’information et au service public, au logement, à l’emploi, à la scolarisation, … qui concernent l’ensemble des habitant·e·s, dont les personnes migrantes. D’autre part, parce qu’elles se trouvent en situation de devoir pallier les insuffisances de l’Etat. De plus en plus de villes sont donc obligées de répondre à l’urgence humanitaire en proposant par exemple une prise en charge des personnes migrantes à la rue, en vertu de la clause générale de compétences qui autorise les initiatives locales d’intérêt communal. Lorsque l’Etat décide d’ouvrir des places d’hébergement, les municipalités jouent également un rôle clé à travers la mise à disposition de foncier et l’information des citoyens de la commune sur l’ouverture d’un lieu d’hébergement. Enfin, parce qu’elles sont garantes de la cohésion sociale dans leur territoire. Elles sont des actrices essentielles dans la lutte contre les replis identitaires et la construction collective d’un bien vivre ensemble.

Comment évaluer si les candidats de ma commune s’engagent comme des acteurs essentiels sur ce sujet ?
En premier lieu, il faut que la question apparaisse dans les projets des candidats qui doivent faire oeuvre aussi de pédagogie sur les enjeux d’une politique migratoire bienveillante. En termes d’exemples d’actions concrètes, des politiques et actions locales en matière de santé, de solidarité, d’insertion scolaire, sociale et professionnelle, d’accès à l’éducation et à la culture sont indispensables. Elles permettent de lutter contre les inégalités sociales et  garantir aux personnes migrantes le respect de leurs droits fondamentaux et des conditions de vie dignes.

Existe t-il des exemples de villes qui s’engagent ?
Oui ! Plusieurs communes proposent une prise en charge efficace des personnes migrantes à la rue. Par exemple,  35 communes ont déjà adhéré à l’ANVITA (association nationale des villes et territoires accueillants) qui répond, par de multiples actions et interpellations,  aux impératifs de l’urgence et de l’inclusion de toutes personnes de manière inconditionnelle. Les actions menées dans ce cadre sont des exemples à suivre !

Ces propositions, ou des propositions similaires adaptées aux réalités de votre commune pour garantir aux personnes migrantes et réfugiées l’accueil et l’hospitalité, sont proposées dans le projet du candidat ? Ca peut aller dans le sens d’une amélioration du pouvoir de vivre sur votre commune. Il faut toutefois regarder de près les conditions et délais de mise en oeuvre, les moyens prévus, la participation citoyenne…

Mesure n°6 : Garantir aux personnes migrantes et réfugiées l’accueil et l’hospitalité et offrir des réponses aux situations d’urgence (hébergement, santé, éducation) 2