Mesure n°9 : Lancer un plan “Logement d’abord” avec l’objectif de zéro sans-abris dans nos communes

En chiffres

  • Près de 250 000 personnes sans domicile en France en 2019
  • 445 décès à la rue ont été comptabilisés en 2019 dont 11 mineurs.
  • L’espérance de vie à la rue est de 49 ans
  • 48 700 personnes sont hébergées à l’hôtel dont au moins 20 000 enfants  
  • 15 993 expulsions locatives en 2018 (+151% depuis 2001), soit plus de 36 000 personnes concernées

Les communes peuvent-elles vraiment agir pour aider les sans-abris ?  
Oui, vraiment ! Et elles doivent le faire compte tenu de l’augmentation du nombre de personnes sans-abris dans la plupart des grandes agglomérations françaises. Les solutions ne sont pas simples : et trop souvent, la tentation est de baisser les bras, d’accuser la passivité de l’État, voire de stigmatiser les personnes sans domicile elles-mêmes. Mais il y a pourtant des moyens d’agir pour les communes et intercommunalités qui ont un rôle capital à jouer pour trouver des solutions de logement pérennes, et ne plus se limiter à l’ouverture de places d’hébergement d’urgence ou au recours à des hôtels sociaux.

Des communes agissent  déjà sur le sujet ? 
Oui, mais encore trop peu. Il existe un plan appelé “Logement d’abord” qui repose sur une approche qui a fait ses preuves à l’étranger mais aussi en France. Cette approche consiste à proposer directement et sans condition un vrai logement digne et durable aux personnes sans domicile, sans préjuger de leur « capacité à habiter », et sans leur faire suivre un parcours interminable dans des formules temporaires (hôtel, hébergement d’urgence, sous-location…) qui, si elles durent, sont inadaptées pour les personnes et coûteuses pour la collectivité publique. L’idée est que le logement ne représente plus une “récompense” après ce parcours du combattant, mais serve précisément de levier à la réinsertion des personnes confrontées à des difficultés de santé, d’exclusion, d’emploi… Ce plan, aujourd’hui limité à 23 territoires volontaires qui ont été sélectionnés, doit être étendu à d’autres territoires i. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé qu’il lancerait un nouvel appel à manifestation d’intérêt après les élections municipales, dont les territoires doivent se saisir.

Comment évaluer si les candidats de ma commune proposent des solutions pour atteindre l’objectif de zéro sans-abris  ? 
Si le sujet est évoqué dans les programmes des candidats, il faut qu’il y ait un engagement à débloquer des moyens qui permettent effectivement de proposer des solutions aux personnes sans domicile et à celles qui risquent de le devenir. Les candidats peuvent par exemple s’engager sur la production de logements sociaux (pensions de famille, logements très sociaux bien couverts par les Apl, mobilisation de logements privés à vocation sociale… sur votre commune) tout en respectant la loi Sru si elles sont soumises à cette obligation de construire 20 ou 25% de logements sociaux. Ils peuvent également donner priorité aux personnes sans domicile à une partie des  attributions Hlm. Mais le sujet n’est pas seulement celui du nombre de logements sociaux sur votre territoire ! Les candidats doivent accompagner et venir en aide aux personnes sans domicile, à celles qui sortent d’institutions sans solution de logement (Aides sociales à l’Enfance, prison, psychiatrie…) ou qui sont menacés d’expulsion locatives. Elles doivent également permettre la domiciliation des personnes sans domicile, via le CCAS, le temps de trouver une solution durable de logement.

Ces propositions, ou des propositions similaires adaptées aux réalités de votre commune sont proposées dans le projet du candidat ? Cela peut aller dans le sens d’une amélioration du pouvoir de vivre sur votre commune. Il faut toutefois regarder de près les conditions et délais de mise en oeuvre, les populations effectivement ciblées… 

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