Les investissements pour le train ont été engloutis depuis plusieurs décennies dans de grands projets d’infrastructures au détriment de l’entretien des réseaux existants. Résultat : le réseau ferré français est en moyenne deux fois plus vieux que le réseau allemand.

Dysfonctionnements, pannes et vieillissement du matériel se multiplient et dégradent la qualité du service. Cette dégradation a entraîné un report des transports du rail vers la route, et l’Etat a choisi l’abandon de lignes secondaires, de trains Intercités ou de trains de nuit.

Pourtant, le train est essentiel pour une desserte équilibrée des territoires, la réduction de l’accidentologie routière, autant que dans la lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air. Le secteur transport compte pour 31% des émissions nationales en 2018, ses émissions provenant à 60% du transport de voyageurs, tandis que la part de la route dans le transport des marchandises continue de s’accroître.

Il est indispensable que dans le cadre des investissements de transition, les prochains projets de loi de finances assurent un renforcement des capacités d’investissement tournées vers la rénovation et l’entretien des infrastructures existantes du quotidien, en particulier des nœuds ferroviaires. De possibles changements, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, doivent d’une part garantir une continuité tarifaire des trajets et des correspondances, quels que soient les opérateurs, d’autre part être encadrés afin que l’Etat puisse assurer la cohérence des orientations et actions favorables à la baisse des émissions de gaz à effet de serre