Le montant des dividendes (revenus d’une action) versés aux actionnaires du CAC 40 a été multiplié par plus de trois en quinze ans, passant de 14,1 milliards en 2003 à 46,5 milliards en 2018. Dans le même temps, le rachat par une entreprise de ses propres actions est devenu monnaie courante pour faire gonfler le cours des actions. Cette pratique a rapporté aux actionnaires court termistes ainsi qu’aux dirigeants et managers dont une part de leur rémunération se fait en actions, 10,9 milliards en 2018, contre 7,6 en 2003 et 19,2 en 2007.

Ces revenus financiers profitent aux plus riches, puisque ce sont eux les plus grands détenteurs d’actions. A cela s’ajoute le fait que les revenus financiers des plus aisés sont taxés par un seul prélèvement forfaitaire unique, bien en-deçà des 45% de l’impôt sur le revenu : la dite flat taxatteint en effet un montant forfaire de 30% auxquels on peut déduire les prélèvements sociaux de 17,2% qui préexistaient déjà sur ce type de revenus ; on obtient alors une taxe à seulement 12,8%.

Enfin, cela représente autant de ressources de l’entreprise qui n’iront pas à l’investissement et l’emploi. Ces pratiques pénalisent les possibilités d’investissement productif et freinent la mise en œuvre de la transition écologique. Les besoins sont énormes, estimés au total entre 45 et 60 milliards d’euros annuels jusqu’en 2020, et entre 50 et 70 milliards entre 2021 et 2030.

En conséquence, il est indispensable de réformer la fiscalité des profits distribués pour responsabiliser à la fois l’entreprise et les actionnaires et les encourager à investir sur le long terme et à accompagner la transformation de notre modèle de développement en apportant de nouveaux financements à l’économie.

A commencer par supprimer la flat tax en réintégrant ces revenus dans le calcul de l’impôt sur le revenu afin d’augmenter la taxation des dividendes et des rachats d’action.