verser une aide solidaire de 250 euros par mois Pour des millions de ménages pauvres et modestes, le confinement signifie baisse de ressources, hausse des charges (surconsommation de chauffage, d’électricité, de forfaits téléphoniques…) et des dépenses pour se nourrir, alors même que les circuits d’aide alimentaire sont affaiblis et les cantines scolaires sont fermées.

Ces ménages ont particulièrement subi la crise. Ils la subiront certainement longtemps dans des conditions encore plus dégradées. Ils ont donc besoin d’une aide exceptionnelle de l’État pour couvrir les dépenses alimentaires, d’hygiène et les charges liées au logement.

Le Gouvernement a annoncé une aide exceptionnelle, et versée une seule fois le 15 mai, de 150 euros pour les bénéficiaires du RSA et de l’ASS et de 100 euros par enfant pour les allocataires des APL. C’est un signe positif, mais cette aide est loin d’être suffisante.

De nombreux publics dans le besoin ne la toucheront pas, comme les moins de 25 ans (qui ne sont pas éligibles au RSA), les jeunes étudiants précaires, les ménages aux APL sans enfants, les personnes bénéficiaires de l’ASPA (le minimum vieillesse) ou de l’Allocation adulte handicapé (AAH) alors même que les dispositifs associatifs de soutien alimentaire ou braderie solidaire ne peuvent pas fonctionner normalement.

Le périmètre de cette aide doit donc être élargi à toutes les personnes les plus en difficulté, son montant augmenté à 250€ minimum par mois et par personne, et son versement reconduit mensuellement jusqu’à la prochaine rentrée scolaire et jusqu’à un retour à la normale des dispositifs de solidarité qu’offrent les associations.

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté 1

[Au 5 juin 2020]
Le Président de la République a annoncé une aide exceptionnelle de 150 euros pour les bénéficiaires du RSA et de l’ASS et de 100 euros par enfant pour les allocataires des APL. Si cette mesure va bénéficier – et c’est une bonne chose – à 4 millions de personnes, elle ne sera versée qu’une seule fois (à partir du 15 mai) et laisse de côté d’autres catégories de personnes en difficulté : les personnes âgées à l’ASPA (minimum vieillesse), les personnes seules à l’AAH, les demandeurs d’asile, les jeunes précaires…

Dans la mise en œuvre opérationnelle, plusieurs organisations du Pacte du pouvoir de vivre – plus spécifiquement de lutte contre l’exclusion – ont aussi poussé pour que l’argent de cette aide exceptionnelle arrive bien aux ménages concernés, de façon automatique, et sans risque d’être saisie pour remboursement de dette ou « trop-perçus ». Ce travail a contribué à garantir que la prime arriverait réellement jusque dans les comptes des ménages modestes, via une disposition introduite dans le décret d’application de la prime, qui la rend “incessible et insaisissable”.

Concernant les jeunes précaires, les membres du Pacte du Pouvoir de Vivre ont poursuivi un travail de plaidoyer pour qu’une aide en leur faveur soit décidée. Le 5 mai, le Premier Ministre a annoncé une aide de 200€ pour 800 000 jeunes précaires de moins de 25 ans, étudiants modestes et jeunes précaires recevant les APL, à verser le 15 juin. C’est là encore une aide bienvenue, même si elle reste modeste puisque son coût est de 160 millions d’euros (qui s’ajoutent donc aux 900 millions d’euros de la prime exceptionnelle).

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté 2

[Au 5 juin 2020]
L’aide obtenue reste ponctuelle. Or notre demande est qu’elle soit reconduite tous les mois jusqu’à la rentrée scolaire. De plus, comme évoqué plus haut, elle laisse de côté les personnes âgées, certaines personnes vivant avec l’AAH (Allocation Adulte Handicapé), en particulier les personnes seules, les personnes sans ressources n’ayant pas eu accès au RSA, les demandeurs d’asile et les étrangers en situation irrégulière, dont la situation s’est particulièrement aggravée avec la crise. Encore trop de personnes laissées au bord du chemin.

C’est pourquoi il reste nécessaire qu’une aide significative, élargie à l’ensemble de ces catégories, soit renouvelée avant la rentrée scolaire. Celle-ci devra être complétée par une allocation de rentrée scolaire revalorisée afin de soutenir les familles allocataires en cette période difficile.

Au-delà, la crise sanitaire a montré que les minima sociaux, en particulier le RSA et l’ADA, ne permettent pas de vivre dignement. C’est pourquoi, comme nous le demandons dans la mesure 4, il est nécessaire de revaloriser le montant du RSA et d’en élargir l’accès aux jeunes de 18 à 25 ans.

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Les 15 mesures

1/ Verser une aide exceptionnelle de solidarité de 250€ par mois et par personne aux ménages les plus en difficulté

2/ Créer un fonds national pour aider les locataires fragilisés par la crise à payer leurs loyers et leurs charges

3/ Mettre en œuvre le droit au logement pour qu’aucune personne sans domicile mise à l’abri pendant la période de confinement ne soit remise à la rue sans solution

4/ Revaloriser le montant du RSA et l’élargir aux jeunes de 18 à 25 ans

5/ Rendre obligatoire les protocoles d’accord de reprise du travail post-confinement dans les entreprises et administrations

6/ Renoncer à la réforme de l’assurance-chômage

7/ Prolonger les dispositifs d’exception pour l’accès aux soins

8/ Mettre en place des conditions d’accueil et d’intégration dignes pour les migrants et réfugiés

9/ Imposer une conditionnalité écologique et sociale à l’octroi d’aides publiques aux grandes entreprises

10/ Verser une prime pour les salarié.e.s des secteurs social, médico-social et sanitaire en première ligne et la mise en place dès à présent d’une Conférence nationale de l’investissement social

11/ Mettre en place un plan d’urgence pour développer l’utilisation du vélo lors du déconfinement et à plus long terme

12/ Mettre en place un fonds de soutien d’urgence dédié aux associations

13/ Accompagner les élèves et les étudiants en décrochage ou en difficulté scolaire

14 / Ne pas faire entrer dans le droit commun les décisions prises pendant l’état d’urgence sanitaire et revenir sur les décisions prises qui ont abaissé les règles environnementales

15/ Tenir une Conférence de la transformation écologique et sociale

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