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Budget 2026 : associations, syndicats, mutuelles publient leurs propositions communes et appellent les responsables politiques à ne pas faire peser l’effort sur les ménages les plus fragiles

En pleine crise sociale et écologique, les annonces récentes de l'exécutif donnent à voir un débat budgétaire à contre-sens des besoins de la société. D’une part, les réductions envisagées sur les budgets dédiés à  la solidarité, à la santé ou encore à la transition écologique pénaliseraient nos concitoyen·nes et en particulier les plus modestes. D’autre part, la volonté de François Bayrou de demander un “effort à tous les Français” pour construire le plan de retour à l’équilibre des finances publiques, nous inquiète quant au partage de l’effort fiscal qui doit avant tout reposer sur le ménages et les entreprises qui ont davantage de moyens. C'est dans ce contexte que les organisations du Pacte du pouvoir de vivre publient leurs propositions communes pour contribuer au débat budgétaire. Ce travail collectif montre que de nombreuses marges de manœuvre existent, en s'appuyant sur deux principes : moins dépenser là où l’on dépense mal et partager l’effort pour faire contribuer davantage les contribuables et les entreprises qui le peuvent. C’est également ce message que nos organisations porteront à l’occasion de leur rendez-vous collectif avec le ministre de l’Économie le 16 juin prochain.

 

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Le contexte budgétaire, aussi sérieux soit-il, ne saurait occulter les défis majeurs auxquels notre société doit faire face et auxquels nos concitoyen·nes sont confrontés au quotidien. Toute coupe aveugle dans les dépenses publiques, en particulier celles liées à l’écologie, à la protection sociale ou aux services publics, aurait des conséquences profondément néfastes pour la vie des gens. Plus encore : il est aujourd’hui impératif d’investir massivement dans notre modèle social, nos services publics et la transition écologique. 

Aussi, dans son document de propositions communes, le Pacte du pouvoir de vivre identifie deux priorités pour donner des marges de manœuvre budgétaires justes et cohérentes.

La première consiste à réaliser des économies en ciblant les dépenses publiques inutiles, injustes ou néfastes. Il s’agit par exemple de supprimer certaines subventions dommageables à l’environnement ou de faire évoluer le crédit d’impôt recherche en abaissant le plafond et le ciblant sur les PME, ce qui permettrait d’économiser environ 3 milliards d’euros. Ou encore de maintenir, sous conditions, les exonérations de cotisations patronales pour les seuls salaires inférieurs à 1,6 fois le SMIC (contre 3,3 fois aujourd’hui) ce qui permettrait une économie d’environ 18 milliards d’euros.

La seconde priorité vise à dégager de nouvelles recettes par plus de justice fiscale. Cela implique notamment de taxer davantage le patrimoine des très aisés car le patrimoine est un facteur d’inégalités croissant et à proportion trop peu taxé. À cela s’ajoute la nécessité de faire évoluer d’autres dispositifs fiscaux existants pour les rendre plus efficients et plus justes (plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu, taxe sur les transactions financières…).

Réduire le débat budgétaire à une simple logique comptable serait une erreur. Il doit au contraire s’inscrire dans une vision politique ambitieuse, capable de répondre aux attentes de nos concitoyen·nes et aux défis écologiques. Le débat budgétaire est aussi une question démocratique. C’est pourquoi, une délégation de responsables du Pacte du pouvoir de vivre rencontrera le ministre de l'Économie Eric Lombard le 16 juin pour lui présenter sa vision du budget et ses propositions.