Alors que les 500 plus grandes fortunes françaises ont vu leur patrimoine multiplié par 14 depuis 1996, les plus aisés paient proportionnellement moins d’impôts que la majorité des contribuables. Pire encore, leur taux d’imposition effectif, tous impôts directs confondus, devient dégressif au-delà d’un certain seuil de richesse : il chute de 46 % pour les 0,1 % les plus riches à seulement 26 % pour les 0,0002 % les plus fortunés. Cette injustice fiscale alimente une explosion des inégalités de patrimoine, largement héritées — 60 % des ultra-riches ont bâti leur fortune sur l’héritage seul.
Face à cette situation, le Pacte du pouvoir de vivre — collectif de plus de 60 associations, fondations, syndicats, mutuelles — soutient la mise en place d’un impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines, inspiré des travaux de l’économiste Gabriel Zucman. Cette taxe ne concernerait que les foyers fiscaux dont le patrimoine dépasse 100 millions d’euros.
Une mesure juste, efficace et réaliste
- Elle permettrait de réduire les inégalités en assurant une contribution minimale des plus riches à l’effort collectif soit 1800 ménages.
- Elle est budgétairement puissante : entre 15 et 25 milliards d’euros par an pourraient être mobilisés pour financer la transition écologique et renforcer la justice sociale.
- Elle n’est pas confiscatoire : le taux proposé reste inférieur à la croissance annuelle des patrimoines concernés (5 à 10 %)
- Elle est soutenue par la population : 77 % des Français·es y sont favorables (Destin Commun, 2025).
Des garde-fous pour garantir l’efficacité
Le collectif propose des mécanismes pour éviter les effets pervers :
- Limiter l’optimisation fiscale, qui pourrait faire perdre jusqu’à 50 % des recettes attendues.
- Encadrer l’évasion fiscale, via un bouclier anti-abus pour les expatriés fiscaux.
- Préserver les entreprises en croissance, avec des dispositifs d’étalement ou de cession d’actions encadrée pour les structures non rentables mais fortement valorisées.
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